Entretien avec Jean HUMENRY


Jean HUMENRY, un nom peu connu du grand public et pourtant, combien de chansons aujourd’hui ?
J’ai commencé à écrire des chansons à l’âge de quinze ans. J’en ai cinquante-trois aujourd’hui. Je dois avoir composé environ 800 chansons...

Répertoire comprenant chansons à caractère religieux et chansons “laïques”.
En France, on cherche toujours à mettre des étiquettes sur le dos des personnes. Mais, que je fasse des chansons qui parlent de problèmes sociaux, des chansons de révolte, des chansons pour les enfants, des chants plus de l’ordre de la religion et de la foi, c’est toujours la même personne qui s’exprime.

Ce qui est étonnant, c’est le fossé qui sépare ce nombre impressionnant de compositions et la reconnaissance du grand public. Comment l’analyses-tu ?
C’est simple. Je ne parle pas de moi, d’abord parce que je ne sais pas le faire, ensuite parce que je pense que dans la vie, on a une énergie et on la met au service de ce qui nous paraît le plus important. Henri DES, par exemple, s’investit beaucoup dans sa maison d’édition, ses disques, et passe finalement peu de temps à faire des concerts. Mon énergie, je la dépense à faire un travail de base dans les rencontres avec les enfants dans les écoles, dans les ZEP,...
C’est là, je pense, que se situe mon vrai travail d’artiste. Il se place plus au niveau du contact ou de la présence avec les enfants, les jeunes, le public que de s’occuper médiatiquement de moi. De plus, je n’ai jamais trouvé d’impresario qui puisse organiser ma carrière en parlant le même langage que moi, en partageant les mêmes idées que moi sur les médias, l’argent, les contrats,... Je fais donc ce travail moi-même et le temps passé à cela est du temps en moins à mettre dans la promotion.

Ton activité d’artiste-chanteur a commencé à quel âge ?
Parallèlement à mes études de lettres classiques, entre quinze et vingt-deux ans, au lycée et à l’université, je jouais dans un groupe qui s’appelait “les Etrangers” . Pendant ces années-là, nous avons fait l’été beaucoup de tournées. Nous avions été embauchés par un “tourneur” du midi de la France qui nous plaçait dans les premières parties de vedettes. Dans les années 60, les vedettes étaient moins égoïstes qu’aujourd’hui. Elles laissaient de la place aux jeunes, ce qui leur permettait de se confronter à un véritable public et d’apprendre un métier. Nous avons eu la chance de faire des tournées avec des gens incroyables : Jacques BREL, Les Compagnons de la Chanson, Sacha DISTEL, Johnny HALLIDAY.
Mais honnêtement, je n’aurais jamais pensé faire ce métier là. C’était mon plaisir d’écrire des chansons. Après mon service militaire, en 1969, j’ai décidé de prendre deux ou trois années sabbatiques à Paris pour vivre un peu de musique. Et finalement, ce sont trois années qui durent depuis plus de trente ans.

En quoi consiste ton activité aujourd’hui ?
Elle est très diversifiée. Je crée toujours des chansons, pour le plaisir, pour des commandes, avec les enfants dans des écoles. C’est une activité qui permettra peut-être à des enfants, plus tard, d’avoir une écoute différente, de voir qu’il est difficile de composer une chanson et qu’il y a sur le marché des “choses” faites n’importe comment. J’écris aussi pour d’autres. J’aide quelques jeunes à démarrer. J’anime de nombreux concerts dans toute la France, des rencontres et des animations pédagogiques.
Je ne suis pas fanatique des gros concerts réunissant beaucoup d’enfants. Je trouve que c’est un peu facile. Je préfère des animations plus rapprochées. On ne s’adresse pas à un enfant de 5 ans de la même façon qu’à un enfant de 10 ans. On n’utilise pas les mêmes mots, les mêmes rythmes. Ce sont des choses très différentes.

Pourrais-tu nous parler de la genèse de ton album Jardin de Chansons pour un Enfant ?
Ça remonte à dix ans. Je m’étais pris d’une passion pour l’écrivain Robert-Louis STEVENSON que j’avais découvert petit, puis adolescent à travers L’île au Trésor et Docteur Jekyll et Mister Hyde. Et je suis tombé par hasard sur l’Émigrant amateur dans lequel il racontait son voyage du vieux continent vers le nouveau continent pour retrouver la femme qu’il aimait. J’en ai fait une chanson et j’ai continué ma recherche sur STEVENSON. J’ai consacré à l’écrivain , il y a huit ans, tout un album Mister Stevenson. Un jour, on m’a fait découvrir Children Garden Verses, un recueil de soixante-dix poèmes sur l’univers de l’enfance qui correspondait totalement à ce que je faisais depuis plusieurs années. J’en ai traduit une sélection. J’ai fait ensuite comme si j’avais travaillé en collaboration avec STEVENSON. En respectant complètement son profil poétique, j’ai écrit des chansons autour de ces souvenirs d’enfance.

Comment vois-tu l’univers de la chanson enfantine dans les prochaines années ?
Je suis un peu inquiet. J’aimerais que les éditeurs phonographiques fassent la même réflexion que les éditeurs de livres qui depuis une quinzaine d’années ont réalisé un énorme effort sur la qualité et la diversité de la littérature enfantine... un travail qui ne s’est malheureusement pas fait sur le plan de l’audio. J’aimerais qu’il y ait cette réflexion et que l’on comprenne que les enfants ont besoin d’être bien nourris.

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