Entretien avec Jean-Jacques COMMIEN


Depuis quand écris-tu des chansons pour enfants ?
Des chansons pour enfants… qu’est-ce que c’est ? Le Coq et la Pendule, la Cane de Jeanne, des chansons de SALVADOR, VIAN, Bourvil,… ce sont des chansons pour enfants ou pas ? Et pourtant, les enfants les chantent et aiment les chanter. Quand j’avais vingt ans, j’écrivais déjà des chansons et je faisais du cabaret. Ma forme d’expression était la même qu’aujourd’hui. Le public de cabaret n’est pas très éloigné du public « enfant » dans un rapport d’attention. S’il s’ennuie, il a autre chose à faire, il peut manger…. Un enfant a toujours autre chose à faire s’il n’est pas captivé, pas besoin d’une assiette…
En fait, j’ai un style de chansons pour enfants proche de celui pour adultes. Pensez-vous que le spectacle de l’Autobus à Vapeur le Camping du Flot bleu soit un spectacle pour enfants ? Je pense qu’ il est tout public, mais il fonctionne encore mieux en représentation scolaire. En novembre, à la Maison des Arts de Créteil, nous avons joué 14 fois devant 800 gamins à chaque représentation. Quand je leur chantais la Fille du directeur, ils étaient complètement dedans… et pourtant , ce n’est pas a priori une chanson pour enfants.

Quand on regarde vos chansons, on trouve de la java, de la valse, du jazz, du reggae… C’est un choix délibéré ?
Oh oui ! j’aime beaucoup de musiques différentes, et je crois qu’il n’y a pas de musique pour enfants. Sauf peut être la comptine….. Les enfants sont prêts à tout explorer. Ne leur transmettons pas nos hésitations rythmiques…

Il te paraît plus difficile de jouer pour des enfants ?
Oui et non. Quand on chante pour des adultes, s’il y a une longueur dans le spectacle, le public ne va pas vous le dire. Il en parlera après : « c’est bien son spectacle, mais c’est un peu long. » .. Les enfants le disent tout de suite, alors oui, c’est plus rude mais ça permet de modifier, d’affiner, de faire mieux.
Les six premiers mois d’un nouveau spectacle, nous rectifions de nombreux éléments. On trouve le rythme avec le partenaire qui nous manquait…

Tu as écrit plusieurs comédies musicales ou spectacles musicaux. Pourquoi un tel choix artistique quand on sait qu’il est difficile de les faire programmer ?
(Rire)… parce que justement, il est artistique ! A l’époque, mes enfants étaient encore petits et je trouvais intéressant de leur raconter une histoire sans fournir le décor. Le décor allait être le plus beau parce que c’était eux qui allaient le créer. Ensuite, mon idée, dans les années 1992-94, venait d’un constat : il n’y a pas d’argent dans la production pour enfants pour des spectacles ambitieux. Je suis donc allé voir des personnes qui ont le pouvoir de financer et distribuer mes productions.
C’est ainsi que sont nés plusieurs spectacles. Jo le Crapaud, par exemple, est une commande de l’Agence de l’Eau. La cassette de cette histoire qui traite du cycle de l’eau a été distribuée à 80 000 exemplaires ! Marie-Cerise et l’Étoile Carrée est né dans le même esprit. J’ai pu faire diffuser les cassettes par la Voix du Nord. Dans le cadre du Noël des Déshérités, je suis allé voir les responsables et je leur ai dit : « Je peux écrire un conte de Noël. Je vous offre 10 000 cassettes et l’argent ira aux gamins. » Une fois que j’ai eu l’assentiment de la Voix du Nord, je suis allé voir une banque : « Si vous m’achetez 10 000 cassettes, vous aurez votre nom dans le journal. » Et voilà ! Mais j’ai tout de même réussi à monter en 1994 un spectacle avec cinq personnes sur scène la folle Nuit de Nestor Lampadaire. C’est un très bon souvenir.

Comment est apparu le personnage de Tit’jo ?
Tit’jo est un intermédiaire. Assez rapidement, devant des enfants, ça ne m’intéressait pas de leur faire croire que j’avais dix ans. Je tenais absolument à conserver mon âge si bien que je ne pouvais pas dire « je » dans les chansons. Je ne peux pas dire : « Je suis un canard à plumes. »ni « J’ai perdu mon doudou… » Non ! De quoi j’aurais l’air ? Il me fallait un personnage qui fasse l’intermédiaire entre les enfants et moi. Je crois que j’ai besoin d’une certaine distance avec les paroles.

Comment fonctionne ta collaboration avec Olivier DELGUTTE ?
Olivier est un copain d’école. Nous travaillons ensemble, nous cosignons toutes les chansons. Lui est un excellent musicien de jazz. Peu à peu s’est formée une véritable équipe. Je suis plutôt un inventeur d’air.
Parfois, j’apporte un début de mélodie, il la reprend, la transforme, lui donne son aspect final. Quand il trouve une mélodie seul, alors , cette mélodie est beaucoup plus cossue. Il écrit parfois des paroles, nous travaillons vraiment ensemble. Ca demande beaucoup de temps, mais c’est passionnant.


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